Les Frigos est un ancien bâtiment frigorifique construit en 1921 à Paris, puis désaffecté et loué depuis 1980 à des artisans et artistes. Unique en son genre, il regroupe 14 professions différentes réparties sur 87 ateliers abritant 120 professionnels de tous de domaines : peintres, sculpteurs, photographes, aux architectes, éditeur, entreprises, couturière/styliste, luthier… Chaque année, plus de 3 000 viennent s’y former. Pourtant, les Frigos ont failli disparaître en 1992 lors de la construction du nouveau quartier Paris Rive Gauche autour de la Bibliothèque Nationale de France. La farouche volonté des occupants d’y rester l’a emporté.

Outre le nom du bâtiment, quelques indices témoignent encore aujourd’hui de l’histoire des Frigos. Sur le parking de l’entrée, un rail rappelle que le bâtiment construit en 1921 accueillait à l’époque des trains chargés de denrées. Les ateliers qui remplacent aujourd’hui les vastes chambres froides en ont d’ailleurs conservé les portes épaisses.

Avec le déménagement des halles de Paris à Rungis à la fin des années 1960, les Frigos perdent leur vocation initiale. Le bâtiment devient une friche jusqu’en 1985. Cette année-là, la SNCF — propriétaire des lieux — en confie la gestion à une agence immobilière. Des dizaines d’artistes, d’artisans et d’entrepreneurs viennent peupler les murs. « La SNCF a eu la bonne idée de louer à bas prix tout en nous foutant la paix », lance France Mitrofanoff, peintre historique des Frigos.

L’édifice n’ayant pas ou peu changé en six décennies, les premiers locataires durent d’abord le transformer en lieu de vie. « Chaque occupant a fait ses propres travaux », se souvient Gérard Amsellem, qui possède son atelier au premier étage. Les fenêtres, creusées dans des murs de 70 cm d’épaisseur, témoignent de cette improvisation. Il fallut ensuite installer l’eau et l’électricité.

Les années 1990 marqueront le début de la contestation au sein des Frigos. Un nouveau quartier doit alors émerger dans ce que l’on va désormais appeler la zone d’aménagement concertée Paris-Rive-Gauche. Face à la menace d’une démolition pure et simple des Frigos, deux associations de locataires se forment. Le concours lancé par la Ville pour redessiner le secteur est finalement remporté par Christian de Portzamparc, dont le projet prévoyait le maintien du bâtiment. Les Frigos sont sauvés.

En 2004, la mairie de Paris devient propriétaire des lieux après l’envoi par le précédent bailleur Réseau ferré de France d’une mise en demeure d’acquérir. « La Ville est devenue propriétaire sous la contrainte », déplore Jean-Paul Réti, président d’une association de locataires.

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