Paris : des organisations nationalistes défilent en hommage à Jeanne d’Arc

De nombreux militants d’extrême droite ont défilé le 10 mai 2015 à Paris, en hommage à Jeanne d’Arc, entre la place de la Madeleine et la place des Pyramides, où se dresse la statue dorée de Jeanne d’Arc, réalisée à la fin du XIXe siècle par l’artiste Emmanuel Fréminet. Historiquement, ce défilé a été initié par l’Action française, qui, au début du XXe siècle, s’est battu pour rendre hommage à «la Pucelle». Le mouvement royaliste continue aujourd’hui de manifester en premier, le matin du deuxième dimanche de chaque mois de mai, entre la place de la Madeleine et la place des Pyramides, le long du jardin des Tuileries et du du Palais du Louvre.

Au fil des années, divers mouvements plus ou moins extrêmes, se sont agrégés à cet hommage. Ainsi, le Front national y a lui-même participé de sa fondation, dans les années 1970, jusqu’en 1988, date à laquelle il décide de se désolidariser, pour plusieurs raisons. D’une part, le FN, qui gagnait alors chaque année en notoriété ne pouvait plus se permettre de s’afficher aux côtés d’éléments nettement plus radicaux que lui. Deuxièmement, cette année-là, le 1er mai tombant entre les deux tours de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen y vit le moyen de faire du rassemblement une tribune médiatique. Enfin, défiler le 1er mai était l’occasion d’ajouter une thématique sociale à l’hommage traditionnel.

Les éléments plus radicaux ont eux conservé la tradition du deuxième dimanche de mai. Depuis quelques années, un second mot d’ordre vient s’adjoindre à l’hommage à Jeanne d’Arc. Les manifestants défilent également en mémoire de Sébastien Deyzieux, un militant de l’Œuvre française décédé le 7 mai 1994. À l’époque, une manifestation, organisée par le syndicat étudiant GUD et les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) de Serge Ayoub, est interdite par les pouvoirs publics. À l’issue d’une course-poursuite avec la police, le jeune homme tombe du toit d’un immeuble où il s’était réfugié. Dans la foulée est créé un Comité du 9-Mai (C9M), chargé d’entretenir sa mémoire. Ce dernier, tout en organisant un défilé aux flambeaux tous les 9 mai, se joint à la manifestation.

En 2009, Serge Ayoub en récupére l’organisation. Ses Jeunesses nationalistes révolutionnaires assurent alors le service d’ordre. On a pu les voir à l’œuvre l’an dernier lorsque les Femen ont investi le balcon de l’hôtel Regina afin d’y déployer une banderole:

Troisième voie et les JNR ayant été dissous après l’affaire Méric, Serge Ayoub n’organise pas l’évènement cette année.

Outre le Renouveau français qui lui a appelé à manifester dimanche, un autre appel, anonyme celui-ci, affichant le blason de Jeanne d’Arc, mais laissant deviner le drapeau de l’Œuvre française en transparence, mouvement dissous par Manuel Valls, circule également.

Diaporama.

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