1 200 médecins prêts à démissionner de leurs fonctions administratives.

Depuis des mois, un conflit d’ampleur oppose les médecins hospitaliers et le ministère de la Santé. Une nouvelle étape a été franchie hier matin par le personnel hospitalier. 1 200 praticiens, dont 600 chefs de service et 470 responsables d’unités ont présenté “leur démission de leurs fonctions d’administration, de gestion et de représentation”. Ce geste, témoin d’une crise sans précédent, s’est concrétisé lors d’une conférence de presse le 14 janvier 2020 à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris, en l’absence de négociations avec le gouvernement sur les moyens de l’hôpital public. Cette décision collective et particulièrement symbolique intervient après une longue bataille du personnel hospitalier. Le 15 décembre 2019, une tribune est publiée dans Le Journal du Dimanche. Ici, quelque 660 médecins menacent de démissionner. “L’hôpital public se meurt, faute de moyens à même d’assurer la qualité des soins et de garantir la sécurité des patients. Les médecins hospitaliers ont eu beau sonner l’alarme, la rigueur est devenue austérité, puis l’austérité, pénurie”, alarment-ils. Fin, décembre, leur nombre dépasse le millier.

Concrètement, selon les calculs du collectif Inter-Hôpitaux, “il manque 600 millions d’euros, en plus des 200 millions annoncés par le gouvernement pour l’Hôpital public il y a quelques semaines”. Comme l’indique Agnès Hartemann, chef de service de diabétologie à La Pitié-Salpêtrière, membre du CIH, sur France Culture, cette démission ne signifie pas l’arrêt total des praticiens. “On continuera à soigner les gens, bien sûr, et ça, on le fera toujours de manière collective, en équipe”, souligne-t-elle. Cette démission administrative signifie que les médecins hospitaliers ne “(répondront) plus à l’administration, on ne sera plus en lien avec elle, en particulier sur les thèmes de produire toujours plus d’activités, les bilans financiers, ces thèmes dont on ne supporte plus d’entendre parler”, martèle la chef de service. Réunis à l’initiative du collectif interhôpitaux, ces médecins hospitaliers sont issus de toute la France.

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