Covid-19 : manifestation des restaurateurs, hôteliers et gérants de discothèques à Paris.

Les «professions sacrifiées» par la crise du Covid ont décidé de descendre massivement dans la rue. Ce lundi 14 décembre 2020, les gérants de restaurants, cafés, brasseries, traiteurs, hôtels, discothèques mais aussi établissements de nuit, bowlings et thalassos, venus de toute la France, ont manifesté à Paris pour réclamer la réouverture «le plus rapidement possible» de leurs établissements. Ce rassemblement, initié par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) ainsi que le Groupement national des indépendants (GNI), a débuté vers 13 heures, sur l’esplanade des Invalides. Les prestataires ainsi que les fournisseurs (brasseurs, viticulteurs, agriculteurs, métiers de bouche, primeurs, blanchisseurs…) étaient aussi représentés.

L’Organisation du personnel de la restauration en événementiel (OPRE) a également décidé de se joindre à l’appel de l’Umih et du GNI. L’aide de 900€ promise par le gouvernement n’a pas calmé les professionnels du secteur qui ont réalisé une «action coup de poing» à deux pas du ministère du Travail à 12h40. L’objectif pour eux est d’obtenir«une année blanche», comme «nos cousins intermittents du spectacle qui travaillent de la même façon que nous», explique Nathalie, maître d’hôtel dans la restauration événementielle, qui était sur place.

Un peu plus loin sur l’esplanade des Invalides, les représentants des syndicats se sont exprimés tour à tour devant une foule de manifestants. «Aujourd’hui nous sommes réunis et nous parlons au nom de 300.000 entreprises et de 2 millions d’emplois», a déclaré Roland Heguy, président confédéral de l’Umih. Tous ont témoigné de leur incompréhension face à la décision du gouvernement de ne pas rouvrir bars et restaurants: «On nous fait passer pour ceux qui favorisent le développement des clusters. Mais comment est-ce possible alors que nous sommes fermés depuis tant de semaine ?» a soulevé Roland Heguy.

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, conditionne la réouverture de ces établissements, le 20 janvier prochain, à l’amélioration de la situation épidémique. À ce stade, donc, impossible pour lui de garantir cette date. «Ce serait prendre un risque excessif que de dire ça», a-t-il fait savoir sur Franceinfo ce lundi. C’est justement cette incertitude qui alimente la colère de l’Umih et du GNI. «Nous serons les derniers commerces à pouvoir rouvrir alors que la date de réouverture le 20 janvier 2021 n’est même pas acquise. Depuis 9 mois, toute la profession est en passe d’être sacrifiée sur l’autel de la crise sanitaire», déplorent-ils dans un communiqué.

L’Umih a tenté de contester devant le Conseil d’État le décret du 29 octobre imposant la fermeture des bars et restaurants dans le cadre du reconfinement. Mais, début décembre, ce dernier a rejeté son recours. «Nous sommes des professionnels responsables qui avons élaboré un protocole sanitaire strict, validé par les pouvoirs publics, que nous avons décidé de renforcer en septembre de notre propre initiative. Il est absolument essentiel que le gouvernement s’engage à des modalités de réouverture en concertation avec nos organisations. Nous incarnons l’Art de vivre à la française et nous refusons de disparaître !», s’alarment l’Umih et le GNI.

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